Blog

10 décembre 2019

Etre lucide et prendre en considération tout ce qui peut advenir

Vivre aux Antilles quand on ne manque de rien peut vite faire que l’on s’endorme sur ces lauriers surtout quand on se coupe volontairement de toute information de masse.

Malheureusement, le changement climatique et toutes les conséquences que cela induit déjà et va continuer de créer n’épargne(ra) pas les divers écrins de Gaïa.

Sans toutefois tomber dans la psychose et la paranoïa, il est, je crois, important d’avoir une vision d’ensemble de ce qui peut se passer dans un avenir proche et essayer de se préparer au mieux, aussi bien d’un point de vue matériel que psychologique.

Ayant vécu la paralysie générée par le mouvement de grève de LKP en 2009 et surtout en ayant pu observer la vague de gens qui ont quitté l’archipel après ces 40 jours qui a réveillé chez beaucoup des peurs archaïques de manque et d’insécurité de base, le fait de savoir, de se préparer et donc d’être moins pris au dépourvu peut générer un moindre stress. Je n’invente rien, c’est ce que décrivent et observent les collapsologues lorsqu’ils évoquent la notion d’effondrement qui génère souvent en premier lieu du déni puis ensuite toute une série d’états psychologiques plus ou moins faciles à gérer.

Matthieu Vanniel, facilitateur graphique :

« Quelles émotions nous traversent quand nous prenons conscience que notre civilisation thermo-industrielle est au bord de son effondrement? »

    Tirée de « Présages« 

 

J’ai déjà pu l’évoquer dans de précédents articles, la Guadeloupe ainsi que la Martinique, en ne parlant que d’elles, sont hyper-dépendantes de ce système thermo-industriel. Pour celles et ceux qui l’ignorent, la majeure partie de notre électricité provient d’usine à charbon venu de je ne sais quel continent, 80 à 90% des aliments viennent eux aussi d’ailleurs et bien souvent d’Europe (soit 6700 km environ pour un Paris-Guadeloupe, tout en sachant que les denrées ne sont pas produites à Paris; elle en a parcouru de la distance cette alimentation!!!). Sans oublier le gaz de nos gazinières et tous les autres produits manufacturés, du bibelot aux matériaux de construction.

Cette période de grands chamboulements (plus ou moins catastrophique selon les sources) dans nos manières de vivre qui je l’espère de tous mes voeux est transitoire, à condition que nous arrêtions de faire l’autruche, sera donc vécue différemment selon que tu t’y attendes ou que tu te la prennes en pleine poire.

Je vais donc m’évertuer à te proposer diverses solutions à mettre en place et te montrer des lieux, des gens qui essaient de vivre autrement. Cet autrement passera certainement par moins, voire beaucoup de conforts qui nous est si précieux et pour lequel nous ne sommes pas prêts à y faire de concessions. Et c’est là que les messages des spiritualités vont pouvoir nous aider pour accepter de vivre avec moins, pas forcément dans le dénuement, peut-être apprendre à se contenter de peu, à moins se déplacer (c’est un fait, le pétrole facilement exploitable se raréfie donc les coûts d’exploitation vont augmenter ce qui aura une répercussion sur l’ensemble des déplacements, aussi bien humains que les biens), à recréer du lien local…

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que tout est à réinventer, il n’est pas question de remettre en place des systèmes désuets et déjà écroulés, à l’inverse et c’est ce que je trouve euphorisant (avec une pointe inquiétude, le nouveau et l’inconnu font toujours peurs) de me dire que tout peut arriver, sans limites.

Alors sois la/le bienvenu(e) dans ce nouveau monde où toutes nos croyances, toutes nos valeurs sont et vont être mises à rudes épreuves. L’humanité va être amené à choisir si elle veut survivre à elle-même en développant des élans d’entre-aide, de coopération, d’amour pour émerger vers quelque chose de beau et nouveau ou encore une fois tomber dans la violence, la loi du plus fort et revenir à des fonctionnements qui n’aboutissent pas.

A la une, Collapsologie